Paris ¯ Granville : pas de fuel dans la motrice !
Hier après-midi sur le quai de la gare de Granville, les gens patientent. Le train prévu à 13 h 53 a une heure de retard.
Avec la SNCF tout est possible. Hier, en gare de Granville, on a « oublié » de faire le plein de carburant. Résultat une heure de retard et des passagers à bout de nerfs.
Nouvelles galères pour les usagers la SNCF en Normandie. Après l'avarie de vendredi, qui valu jusqu'à trois heures de retard aux passagers du Paris ¯ Granville, hier, le train qui devait quitter la Monaco du Nord à 13 h 53, est parti avec une heure de retard. Motif : Il n'y avait personne pour faire le plein !
« Il n'y avait pas d'agent pour faire le plein de gazole ce midi au dépôt. » Le personnel fait désormais une application stricte des horaires. « Les agents ne veulent plus faire du rab', comme ils le font si souvent pour maintenir cette ligne à flot », confie l'un d'eux. « Je n'avais encore jamais entendu une telle justification ! » ironise une Granvillaise.
En arrivant à Dreux à 17 h 35, ce même train est bondé telle une boîte de sardine. Les passagers s'arment de patience, espérant arriver, enfin, à bon port. Les naïfs. Au lieu de redémarrer, la rame reste en rade. Nouvel avatar. « On nous demande de changer de train, le nôtre est en panne », raconte, au téléphone, Roger Caron, prêtre retraité. Tout le monde est alors prié de descendre pour embarquer à bord d'un train de banlieue qui joue la voiture-balai. On change aussi de direction. Plus question de rejoindre Vaugirard. Direction Montparnasse où le convoi est finalement arrivé à 19 h 01. Soit avec deux heures de retard sur l'horaire.
Le 17 h part à... 17 h 52
Dans l'après midi, un autre train est resté en rideau à Granville. À 17 h 30, 250 personnes attendaient le train qui devait partir à... 17 h. Ils ont patienté 25 minutes avant d'être informés, sans motif, d'un retard d'une demi-heure. Finalement et sans explication, la rame partira à 17 h 52. Un problème de portière mal fermée semble à l'origine de ce nouvel incident.
« Ce n'est plus tolérable », s'énerve Frédérique Heurguier, conseillère régionale PS qui accompagnait sa fille à la gare. Aujourd'hui, l'élue du pays de Granville sera aux côtés de la délégation qui se rend au siège de la SNCF. Des maires et élus des principales villes du tracé du Paris ¯ Granville vont être reçus ce matin par Jean-Pierre Farrandou, haut responsable de la SNCF.
Cette délégation, emmenée par le président du Conseil régional, entend discuter de quatre points. « Rappeler que la SNCF a l'obligation d'entretenir son matériel. » Ensuite, Laurent Beauvais rappellera que Dominique Bussereau, secrétaire d'État aux Transports, lui a fait des promesses, à Caen, le 6 avril.
Les deux autres points sont financiers. « La SNCF nous demande d'acheter 18 rames nouvelles d'ici 2013-2014. Nous ne pouvons pas financer ces 150 millions d'euros tout seuls ! Le Paris ¯ Granville n'appartient pas à la Région, que je sache. » Enfin Laurent Beauvais aimerait disposer d'une « évaluation objective et neutre du déficit annoncé de cette ligne (7 millions d'euros par an). J'ai l'impression qu'on nous enfume... Je veux avoir les comptes. »
La délégation doit revenir par le train de 10 h 20. Celui qu'elle devait prendre à 13 h 30 a été supprimé. Sans crier gare bien entendu.
Roberte JOURDON et François BOSCHER.